* De la santé durable des individus…
* à celle des organisations...
* dans une perspective de Développement Durable de la société.
L’IME est un organisme privé et indépendant, fondé et dirigé par des médecins et scientifiques. Son activité, résolument interdisciplinaire, s’étend de la recherche clinique et neuroscientifique jusqu’au transfert de compétence (expertise, audit, conseil et formation) auprès des professionnels de santé, des entreprises et des institutions, en passant par la mise au point d’outils de diagnostic et d’aide à la prise de décision innovants.
Son champ d’intervention, notamment dans le domaine de la gestion des comportements, est également très large : prévention et gestion du stress professionnel, santé au travail, management, accompagnement du changement et du Développement Durable, prévention & gestion de crise, sécurité etc.
La santé environnementale, par Jacques Fradin (vidéo)
La Médecine Environnementale définit les relations complexes et étroites entre les gènes définissant l’espèce humaine, leurs particularités individuelles et interactions avec l’environnement au sens large du terme. L’environnement s’entend ici (1) comme le milieu dans lequel nous évoluons et qui comprend l’ensemble des influences externes qui s’exercent sur celui-ci : les échanges biologiques que sont l’alimentation (nutrition, toxicologie et allergologie alimentaires), l'eau, l'air (2) et l'environnement (3) toxicologie (4) et allergologie générales, risques physiques, pollution de l’habitat), mais aussi les comportements individuels et les relations sociales (neurosciences, sciences du comportement, psychologie cognitive, addictologie…) ou professionnelles (management, développement durable, santé au travail…).
Ces interactions sont à la fois complexes et fluctuantes. Elles influencent de façon majeure notre santé : plus de 80% des facteurs de santé selon l’OMS (5), laissant à la génétique une très faible part du déterminisme global (6). La Médecine Environnementale propose des solutions innovantes, durables et préventives, complémentaires des stratégies curatives le plus souvent employées qui se révèlent à la fois coûteuses et peu efficaces à moyen terme (7). La Médecine Environnementale tente d’agir prioritairement sur le milieu et les facteurs déterminants pour la santé et l’équilibre psychosocial (8), conformément à la définition qu'en donne la Constitution de l'Organisation Mondiale de la Santé, « la santé est un état de complet bien-être physique, mental et social et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité ». Cette définition, adoptée par la communauté internationale en 1946 (9), propose de dépasser le paradigme biomédical occidental prévalant à l’époque, qui traite le corps, l'esprit et la société comme des entités distinctes. Cependant, s’intéresser concrètement aux relations entre modes de vie et santé implique, de manière assez paradoxale, de sortir largement du cadre médical. Et les moyens à mettre en œuvre devraient suivre, comme le confirme un rapport de l’OCDE (10).
L’OMS définit ainsi trois catégories générales de prévention :
- la prévention primaire ou protection spécifique : mesures applicables à une maladie ou groupe de maladies pour en bloquer les causes avant qu'elles n'agissent sur l'homme, et en d'autres termes, pour empêcher la survenue de la maladie ;
- le traitement ou prévention secondaire : mesures destinées à interrompre un processus morbide en cours pour prévenir de futures complications et séquelles, limiter les incapacités et éviter le décès ;
- la réadaptation ou prévention tertiaire : ensemble de mesures visant à permettre aux personnes handicapées de recouvrer leurs fonctions initiales ou d'utiliser au maximum les capacités qui leur restent ; la réadaptation comprend à la fois des interventions individuelles et des actions sur l'environnement.
La relation de l’homme à son environnement, qui définit ses comportements, est indissociable de sa psychologie et de sa relation aux autres. Certains chiffrent montrent le caractère central des comportements dans les problématiques liées aux modes de vie : si 50% des patients suivent mal leurs traitements, 95% des régimes alimentaires échouent en moins d’un an malgré la motivation initiale des patients s’ils ne sont pas accompagnés sur le plan psychosocial et comportemental…
L’IME intervient dans les domaines de la santé individuelle (recherches et interventions en psychologie, comportement alimentaire, toxicologie alimentaire) et de la santé publique (prévention des risques psychosociaux, formation comportementale des personnels hospitaliers).
Si les organisations ont un impact important sur la santé des individus, la réciproque est également vraie. Ainsi, et pour ne citer qu’eux, 70% des fusions d’entreprise échouent principalement du fait du facteur humain (source : MEDEF) ou encore plus de 75% des accidents professionnels impliquent le facteur humain ! En biologie, on parle alors d’écosystème.
Le stress est aujourd’hui omniprésent dans le monde du travail, n’épargnant plus les cadres (11). La motivation n’est pas davantage épargnée (12) même si la tendance semble depuis peu s’inverser sous l’influence de la crise . Le coût économique du stress est estimé à 3% ou 4% du PIB en coût direct et jusqu’à 10% en coût indirect (13). De même, l’impact sur les performances des entreprises du mode de management a été récemment évalué par le Cabinet McKinsey & Company. Parmi 14 tendances-clés du management, l’étude a mis en relation 9 d’entre elles avec les performances financières et organisationnelles d’une entreprise. Les 4 tendances qui ressortent comme particulièrement prioritaires pour façonner l’avenir économique sont : la stimulation intellectuelle, l’inspiration, la prise de décision participative et la claire définition des objectifs avec reconnaissance du travail accompli. Par ailleurs, 3 prédominent chez les femmes dirigeantes : attention portée au développement des autres (en particulier mentorat et formation), définition précise des objectifs (avec reconnaissance du travail accompli) et sens de l’exemplarité (avec prise en compte des conséquences éthiques de ses décisions). Voilà qui peut finir de convaincre de la nécessité d’une diversification des formes de leadership et de la mixité dans les équipes de direction (Les Echos, 11 mars 2009).
Dans la perspective d’un « co-développement » de l’individu et de l’organisation et depuis plus de quinze ans, l’IME a étendu ses compétences sur les comportements au domaine du management : prévention et gestion du stress en situation de changement ou d’incertitude, identification et gestion des facteurs de motivation durable, développement des capacités d’innovation…
Ses actions de conseil en organisation intègrent jusque dans le « génome de l’organisation » la dimension comportementale et les connaissances sur le cerveau. Puisqu’un flux laminaire est plus efficace qu’un flux turbulent, la mise en synergie des motivations individuelles et collectives (qui tend ainsi à éliminer de multiples inductions paradoxales et cachées que produit l’organisation traditionnelle, pyramidale ou matricielle) allie efficacité et équilibre.
Urbanisme, santé et Développement Durable, par Jacques Fradin (vidéo)
Enfin, réussir à mettre en place un véritable développement durable est un enjeu de civilisation d’une ampleur sans précédent : comment rendre, en effet, accessible à tous et désirable un mode de pensée global et anticipateur (14) ?
Les neurosciences et les sciences du comportement semblent pouvoir contribuer à la solution, à travers une meilleure connaissance du cerveau et de ses ressources. En effet, de récents travaux, comme ceux de Olivier Houdé (2000) (15), montrent que notre capacité de raisonnement dépend d'abord du choix que nous faisons, souvent sans le savoir, entre "réfléchir, chercher à comprendre, à identifier les causes et les effets" ou "chercher parmi nos connaissances, évaluer par analogie etc.".
L’IME intervient par exemple en Assistance à Maîtrise d’Ouvrage ou d’Œuvre, en partenariat avec une Agence spécialisée dans le Développement Durable, ADSC (Architecture & Développements Sonia Cortesse), afin de développer les comportements « qui vont avec », dans les domaines de la concertation, de la communication ou du management de projets architecturaux ou urbains durables.
Et… en cohérence avec nos engagements environnementaux : les nouveaux locaux d’IME-Pôle Conseil sont l’objet d’une restauration durable exemplaire (complexe car réalisée dans le cadre d’un monument historique) effectuée par ADSC.
(1) Rapportée à la santé, cette notion peut varier selon les interlocuteurs et les points de vue. D’un strict point de vue médical et en référence à une citation d’A. Einstein « l’environnement, c’est tout ce qui n’est pas moi », les facteurs environnementaux à l’origine des maladies sont tous ceux qui ne sont pas génétiques.
(2) Pollution atmosphérique : 400 000 morts prématurées en Europe ! L’Union européenne a lancé le programme “Air pur pour l’Europe” (CAFE en anglais) en 2001. Les recherches présentées au groupe de pilotage du programme CAFE en avril 2005 dépeignent un tableau inquiétant, mais prévoient également une amélioration de la qualité de l’air d’ici 2020 si l’on applique à la lettre les mesures communautaires en vigueur, notamment la limitation des émissions automobiles et industrielles et le contrôle de la pollution de l’air (voir le tableau).
(3) Par exemple, les estimations récentes données par l’Institut National de Santé Publique et de l’Environnement des Pays Bas situent la part environnementale (pour la pollution atmosphérique, le bruit, le radon, le rayonnement ultraviolet et l’humidité dans l’habitat) du fardeau global de la maladie dans une fourchette de 3 à 9 % du total.
(4) Concernant par exemple la fertilité masculine, plusieurs études suggèrent une diminution de la qualité du sperme ces dernières décennies : baisse du nombre de spermatozoïdes par millilitre de sperme, diminution du volume moyen des éjaculats, baisse du pourcentage de spermatozoïdes mobiles et morphologiquement normaux. La concentration de spermatozoïdes diminuerait de 3 % par an en Europe et de 1,5 % par an aux Etats-Unis. On serait ainsi passé de 100 millions de spermatozoïdes par millilitre dans les années cinquante à 50 millions en moyenne dans les années 2000. En Flandre, cette diminution a également été observée ; elle semble cependant se stabiliser depuis environ 5 ans, avec une qualité de sperme entraînant une baisse de fertilité chez 35-39 % des jeunes hommes, et ne permettant pas d’avoir un enfant chez 8-9 % d’entre eux.
100 204 substances mises sur le marché européen avant 1981 et listées dans le European inventory of existing commercial chemical substances (EINECS). S’y ajoutent les polluants atmosphériques associés aux microparticules générées notamment par les moteurs diesel, tels le benzène, les butadiènes et les hydrocarbures aromatiques polycycliques, dont il est bien établi qu’ils sont mutagènes et génotoxiques (ie toxiques pour les gènes).
(5) Le rapport OMS 2006 montre que d une façon ou d une autre, l environnement affecte de manière significative plus de 80% des principales maladies. De plus, il ne cherche à quantifier que les risques environnementaux sur lesquels il est possible d agir, c est-à-dire ceux qui sont susceptibles d être réduits à l aide de politiques ou de techniques déjà existantes. Le rapport précise également dans quelle mesure les maladies liées à l environnement sont évitables.
(6) Selon J. W. Vaupel, directeur du Laboratory of Survival and Longevity au Max Planck Institute for Demographic Research à Rostock, en Allemagne, la durée de vie de nos parents nous renseigne très peu sur notre propre espérance de vie. Elle ne compte que pour à peine 3 %.
Selon Géraldine Lebourgeois, auteur de « Cancers héréditaires - Une histoire de famille », publié dans « D’ou vient le cancer ? », Le Journal de l’Institut Curie n°55, septembre 2003, moins de 10% des cancers résultent d’une mutation génétique* transmise au sein d’une même famille. Parmi eux, deux groupes se distinguent : les cancers, rares, pour lesquels le rôle de l’hérédité est certain. Il s’agit des cancers de la rétine, du rein de l’enfant et du cancer médullaire familial de la thyroïde. Les cas où l’étude des caractéristiques génétiques d’une famille révèle des "gènes de susceptibilité", qui tendent à favoriser la transformation cancéreuse des cellules. On parle alors de prédisposition génétique. Cela concerne des cancers fréquents, comme celui du sein ou du côlon. Par opposition, le mode de vie joue le rôle majeur voire presque exclusif : dans les pays industrialisés, il est établi que les principaux responsables des cancers sont le tabagisme, les mauvaises habitudes alimentaires et la consommation d’alcool.
(7) Des maladies chroniques qu’il est généralement possible de prévenir causent 86 % des décès en Europe : les 53 États membres européens de l’OMS définissent une stratégie pour maîtriser cette épidémie. […] Comme de nombreuses maladies chroniques sont étroitement liées au mode de vie, il serait possible d'éviter, selon les estimations, 80 % des maladies cardiaques, des accidents vasculaires cérébraux et des cas de diabète de type 2, et 40 % des cancers en éliminant certains facteurs de risque liés au mode de vie. Sans l'engagement de toute une série de secteurs et le renforcement des systèmes de santé en vue d'une meilleure prévention et d'une lutte renforcée contre ces maladies, un grand nombre de personnes continueront à mourir chaque année de maladies qui, dans l'ensemble, peuvent être prévenues. […] Aujourd'hui, les maladies non transmissibles causent 86 % des décès et 77 % de la charge de morbidité dans la Région européenne de l'OMS. Ce groupe d'affections comprend les maladies cardiovasculaires, le cancer, les problèmes de santé mentale, le diabète sucré, les maladies respiratoires chroniques et les troubles musculo-squelettiques. […] Des coûts élevés pour les systèmes de santé et les systèmes sociaux : les maladies non transmissibles mettent les systèmes de santé à rude épreuve et absorbent des ressources importantes. Par exemple, on estime que les affections chroniques engendrent 70 à 80 % des dépenses de santé au Danemark et représentent huit des onze principales causes d'hospitalisation au Royaume-Uni. Les conséquences économiques des maladies non transmissibles dépassent le coût des services de santé. Des coûts indirects, tels que des pertes de productivité, peuvent égaler ou parfois même dépasser les coûts directs. En outre, une proportion importante des dépenses de santé totales incombe aux patients et à leur famille. Il a été estimé qu'en Suède, plus de 90 % des dépenses totales liées aux affections musculo-squelettiques ont un caractère indirect (congés de maladie : 31,5 % ; départs anticipés à la retraite : 59 %). Le décès prématuré du principal soutien de famille et de travailleurs qualifiés a des effets non seulement sur le revenu des ménages, mais également sur l'économie des pays. Il a été estimé que les maladies non transmissibles ont réduit de 1 % le produit intérieur brut de la Fédération de Russie en 2005, les maladies cardiaques, les accidents vasculaires cérébraux et le diabète entraînant une réduction du revenu national de 11 milliards de dollars des Etats-Unis. […] « L'investissement dans la prévention et dans une lutte plus efficace contre les maladies non transmissibles améliorera la qualité de la vie et le bien-être des individus et des sociétés », déclare le docteur Marc Danzon, directeur régional de l'OMS pour l'Europe. " Il faut développer l'action menée. La charge que les maladies non transmissibles représentent pour les individus, les sociétés et les systèmes de santé n'est pas tenable. Il existe déjà des interventions efficaces, mais tout le monde n'en bénéficie pas. La meilleure façon d'améliorer la santé consiste à développer la prévention, en améliorant les systèmes de santé et en veillant à ce qu'ils répondent mieux aux besoins. Si des systèmes de santé renforcés parviennent à éliminer des facteurs de risque aussi importants que l'abus d'alcool, le tabagisme, l'obésité, etc., il est estimé que 80 % des maladies cardiaques, des accidents vasculaires cérébraux et des cas de diabète de type 2, et 40 % des cancers pourraient être évités. » (Source OMS).
(8) Nos choix de vie déterminent de manière décisive la qualité de notre vieillissement. La première étude, réalisée par l’Université de Cambridge (Royaume-Uni), en partenariat avec le Medical Research Council, a mené pendant quatorze ans une enquête qui lui permet d’affirmer qu’il est possible, en adoptant un mode de vie sain, de gagner 14 ans d’espérance de vie, par rapport à ceux qui additionneraient tous ces facteurs de risque (tabac, alcool, fruits et légumes < 5 /j, exercice physique < ½ h /j). Pour aboutir à ce résultat, les chercheurs de Cambridge ont commencé en 1993 à surveiller 20 244 personnes, hommes et femmes, âgés de 45 à 79 ans, après les avoir interrogées sur leur mode de vie. Une autre étude remarquable, également britannique, a montré que les personnes physiquement actives durant leurs moments de loisirs paraissent dix ans plus jeunes biologiquement que celles qui sont sédentaires. Ces chercheurs du King’s College de Londres ont étudié 2 401 jumeaux blancs, hommes et femmes, à qui ils ont soumis des questionnaires portant sur leur niveau d’activité physique, leur statut socio-économique et sur le fait de savoir s’ils fumaient. Ils ont également extrait l’ADN de chacun de ces sujets pour examiner la longueur des télomères dans leurs globules blancs qui forment le système immunitaire (mesurant le vieillissement biologique). Ces deux études remarquables convergent pour montrer de manière saisissante à quel point nos choix de vie, indépendamment de notre capital génétique, influent sur notre longévité et notre santé. Mais il nous reste à présent à inverser notre conception de la santé : au lieu de considérer qu’être malade relève de la fatalité et qu’une médecine toujours plus coûteuse est là pour traiter les effets de nos pathologies, nous devons d’abord agir sur les causes de nos maux et admettre que nous sommes très largement responsables, par nos choix de vie, de notre état de santé. Ce renversement de paradigme nous met face à nos choix alors qu’il est plus commode d’accuser la société ou la fatalité pour expliquer la maladie. Mais il revient bien entendu à la collectivité et à l’Etat d’informer sur les risques que nous prenons par nos modes de vie et de mettre en place une vraie politique de prévention, active et personnalisée qui permettra à chacun d’entre nous d’utiliser pleinement son capital santé et pourra donner à ces années de vie en plus que nous vivons une qualité qui leur donne un sens nouveau.
S’il est difficile de mesurer précisément le poids relatif des facteurs alimentaires dans le déterminisme des maladies, de nombreux arguments suggèrent qu’il est important. Il est estimé qu’il pourrait contribuer pour 30 à 40% des cancers chez les hommes, et 60% chez les femmes. […] Dans plus de 80% d’entre elles (250 études), un effet protecteur d’un ou plusieurs groupes de fruits ou légumes a été retrouvé. Pour la plupart des sites de cancers, les sujets dont les apports en fruits et légumes sont les plus faibles ont un risque de cancer de 1,5 à 2 fois plus élevé que les sujets ayant les niveaux d’apport les plus élevés. On estime que la proportion des cancers qui pourraient être évités par une consommation adéquate de fruits et légumes (au moins 400 grammes par jour) s’élève à au moins 20% (Source PNNS). Par ailleurs l’étude SUVIMAX (France) a montré que le risque de développer un cancer (tous sites de cancers confondus) a été réduit chez les hommes de 31% dans un groupe qui a consommé quotidiennement un apport de compléments alimentaires antioxydants.
(9) La Constitution a été adoptée par la Conférence internationale de la Santé, tenue à New York du 19 juin au 22 juillet 1946, signée par les représentants de 61 États le 22 juillet 1946 et est entrée en vigueur le 7 avril 1948. Divers amendements y ont été incorporés depuis :
« Les États parties à cette Constitution déclarent, en accord avec la Charte des Nations Unies, que les principes suivants sont à la base du bonheur des peuples, de leurs relations harmonieuses et de leur sécurité :
La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité. La possession du meilleur état de santé qu'il est capable d'atteindre constitue l'un des droits fondamentaux de tout être humain quelles que soient sa race, sa religion, ses opinions politiques, sa condition économique ou sociale. La santé de tous les peuples est une condition fondamentale de la paix du monde et de la sécurité. Elle dépend de la coopération la plus étroite des individus et des États. Les résultats atteints par chaque État dans l'amélioration et la protection de la santé sont précieux pour tous. L'inégalité des divers pays en ce qui concerne l'amélioration de la santé et la lutte contre les maladies, en particulier les maladies transmissibles, est un péril pour tous. Le développement sain de l'enfant est d'une importance fondamentale : l'aptitude à vivre en harmonie avec un milieu en pleine transformation est essentielle à ce développement. L'admission de tous les peuples au bénéfice des connaissances acquises par les sciences médicales, psychologiques et apparentées est essentielle pour atteindre le plus haut degré de santé. Une opinion publique éclairée et une coopération active de la part du public sont d'une importance capitale pour l'amélioration de la santé des populations. Les gouvernements ont la responsabilité de la santé de leurs peuples : ils ne peuvent y faire face qu'en prenant les mesures sanitaires et sociales appropriées. Acceptant ces principes dans le but de coopérer entre elles et avec tous les autres pour améliorer et protéger la santé de tous les peuples, les parties contractantes acquiescent à ladite Constitution et établissent par les présentes l'Organisation Mondiale de la Santé comme une institution spécialisée aux termes de l'article 57 de la Charte des Nations Unies.».
(10) Un rapport de l’OCDE de février 2007 définit ainsi les enjeux et moyens d’une « Gouvernance des questions de santé environnementale » : la santé environnementale par définition est un problème transversal qui nécessite la participation de plusieurs Ministères dans le processus politique. Par exemple, la santé environnementale devrait concerner non seulement les Ministères de l’environnement et de la santé, mais également les Ministères des transports, de l’agriculture, du logement ou de l’aménagement urbain. L’intégration des politiques d’environnement et de santé dans les secteurs qui contribuent le plus aux pressions environnementales (i.e. ceux listés ci-dessus) résulterait vraisemblablement en des politiques plus efficaces. Cependant, la coordination des politiques de l’environnement et de la santé se déroule la plupart du temps dans un contexte de spécialisation sectorielle et de responsabilités distinctes. Les départements travaillent essentiellement de façon cloisonnée. Les Ministères ne partagent pas forcément les mêmes objectifs et intérêts. Les domaines politiques, comme la santé ou les transports, ont leurs propres priorités et leurs propres objectifs à atteindre, bien qu’ils soient aussi concernés par les questions de santé environnementale. La santé environnementale est souvent une priorité du Ministère de l’environnement, mais il n’en va pas de même pour tous les Ministères concernés. En outre, la séparation des responsabilités entre corps institutionnels est aussi problématique, spécialement dans le cas des questions de santé environnementales puisque un certain nombre de Ministères sont chacun responsables d’un aspect du problème, mais aucun ne l’est généralement de la totalité de ses aspects. La coordination est par conséquent entravée.
(11) Le sondage annuel de l’ANACT (Agence Nationale pour l'Amélioration des Conditions de Travail) publié en mai 2007 sur la qualité de vie au travail était orienté cette année sur les changements organisationnels. Selon une note de synthèse rédigée par TNS Sofres : « Le changement ne se fait pas sans conséquences, puisque 49% d’entre eux (les salariés) se disent stressés, 44% pensent que ces changements ont des conséquences sur leur vie privée et 36% sur leur santé. Si les cadres sont moins enclins à déclarer qu’ils « souffrent de stress au travail », ils apparaissent pourtant comme les moins assurés de leur capacité à y faire face (et les moins soutenus par leur hiérarchie) ». Ce paradoxe n’est qu’apparent : d’une part les cadres sont plus habitués au stress et certains le considèrent probablement comme consubstantiel à leur statut, d’autre part ils sont souvent les premiers impactés par les changements repérés et devront de surcroît les gérer pour eux-mêmes mais aussi pour leur équipe ».
Le CNISF (Conseil national des ingénieurs et scientifiques de France) dans son enquête annuelle de 2007 réalisée auprès des ingénieurs révèle que : 45 % déclarent que le niveau de stress est source d’insatisfaction (contre 26 % source de satisfaction). Ce résultat est identique à celui de 2006.
(12) Plus de 48 % des cadres interrogés par Le Journal du Management (janvier 2004) estiment que leur niveau de motivation a baissé au cours des dernières années. La conclusion de cette enquête peut se résumer en une phrase : "moi, je suis motivé juste ce qu'il faut, par contre chez les collaborateurs qui m'entourent, c'est pas terrible". Mais tout le monde étant le collaborateur de quelqu'un d'autre, on peut légitimement s'interroger sur le niveau global de Motivation. La motivation et la démotivation y apparaissent aussi être "contagieuses". Pour 68,9 % des managers, la motivation est avant tout une affaire collective. On peut donc supposer que dans une période économique de crise, comme en 2009, la démotivation fasse boule de neige. Or la motivation est un facteur essentiel de l’engagement 98,4 % des sondés. Et c’est un facteur essentiel pour décider de changer d’entreprise pour 97,0 %.
Selon une enquête de l'IFOP pour l'institut Gallup (évoquée dans le numéro 136 de janvier 2003 de la revue Capital, page 93), la démotivation des cadres serait devenue alarmante : 3% seulement se disaient " engagés ", c'est à dire très motivés, et parlaient de leurs entreprise en termes positifs. 80% étaient peu enthousiastes, mais sans être non plus hostiles à leur employeur. Ce n'était pas le cas des 17% restants, déçus par l'absence de reconnaissance de leur hiérarchie pour leur travail. Selon les auteurs, l'alternative d'une organisation en réseau représenterait la solution pour éliminer et le stress et le harcèlement moral, lorsque le fonctionnement traditionnel des entreprises ne correspond plus à la motivation des personnes soumises à ces systèmes de pouvoir.
(13) L’Agence Européenne a publié en 1991 une estimation du coût pour la société de tous les problèmes de santé liés au travail. Les estimations faites par un certain nombre d’Etats membres de l’Union Européenne varient de 2,6 à 3,8% de leur PIB. De plus, le stress serait à l’origine de 50 à 60% de l’ensemble des journées de travail perdues.
Le coût du stress a été également évalué en 2000 par le Bureau international du travail à "3 à 4% du PIB" de chaque Etat, même si ce chiffre reste bien entendu difficile à vérifier. Un quart des arrêts de travail de 2 à 4 mois sont dus à des "problèmes psychosociaux", au premier rang desquels on trouve le stress.
Une étude réalisée en France par l'INRS (Institut national de Recherche et de Sécurité) la même année estimait que "le coût direct et indirect du stress peut être évalué entre 830 et 1 656 millions d'euros par an", ce qui représente de 10 à 20 % du budget de la branche accidents du travail / maladies professionnelles de la Sécurité sociale. Car se cache une liste infinie de conséquences pour les entreprises et la société à gérer au quotidien : augmentation de l'absentéisme, remplacement du personnel, formation des nouveaux employés, surplus d'accidents du travail, démotivation ou dégradation générale de la productivité de l'entreprise... Et en dernier lieu, une atteinte à l'image d'une entreprise.
De tels arguments sont à même de faire réfléchir les entreprises sur le bien-être de leurs salariés. Le rapport Nasse-Légeron sur le stress remis en 2008 au ministre du travail préconise de mieux mesurer le stress au stress avec de nouveaux indicateurs. Car c'est bien en informant et formant les employeurs, notamment sur son coût, que l'on parviendra à le combattre efficacement.
Au Royaume Uni, la « Health and Safety Executive » (2006) évalue le coût indirect du stress à 10% du Produit National Brut (PNB), soit environ 160 milliards de Dollars.
(14) Si 70% des français se disent sensibles ou très sensibles aux questions d’environnement (premier Baromètre Santé Environnement de l’INPES, 2007), seuls 8% des Français pensent, par exemple, pouvoir agir contre la pollution de l air (ils étaient 11% en 1998), sous-estimant que, à l instar d autres sujets, le comportement de chacun est un élément central du succès des politiques publiques (source : numéro 74 des Données de l environnement publié par l Institut Français de l Environnement (IFEN), résultats de l enquête "Conditions de vie et aspirations des Français" menée avec le Credoc chaque début d année depuis 1991).
(15) Travaux que Olivier HOUDE a réalisés et publiés en 2000 sur certains tests de QI et qui ont permis de multiplier par 9 les résultats obtenus (Houdé, O., Zago, L., Mellet, E., Moutier, S., Pineau, A., Mazoyer, B. & Tzourio-Mazoyer, N. (2000). Shifting from the perceptual brain to the logical brain: the neural impact of cognitive inhibition training. Journal of Cognitive Neurosciences, 12(5), 721-728). Le nombre de personnes résolvant des tests de QI passait en effet de 10 à 90 % en l’espace de quelques heures, alors que des millénaires de culture et une bonne décennie d’éducation individuelle n’avaient permis l’obtention que de 10 % de bonnes stratégies de réflexion.